Dimanche 19 Novembre 2017

Le cas du Franc CFA

Écrit par Samedi, 21 Octobre 2017 07:25
Le débat sur le Franc CFA fait rage en ce moment, grâce à la mobilisation insufflée par le mouvement Urgences Panafricanistes et son leader Kemi Séba. Ce mouvement critique violemment l’existence du FCFA, perçu comme le symbole et l’outil de l'oppression coloniale française de l’Afrique. Les défenseurs du Franc CFA louent la stabilité monétaire qui résulterait de son attelage à l’Euro. Qu’est-ce que le Franc CFA? Que représente-il? Cette monnaie est-elle opportune pour l’Afrique en plein 21ème siècle? Plus qu’économique, la question du FCFA est aussi une question politique. Cette monnaie encastre la dépendance des pays africains vis-à-vis d’une puissance coloniale. Sans indépendance, les pays africains peuvent-ils défendre leurs intérêts qui, qu’on le veuille ou non, seront parfois en compétition…
Un exemple contemporain d’application réussie de la palabre africaine est la mise en place des institutions de la Transition au Burkina Faso, notamment le choix du président, après l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2014. Après avoir nettoyé la capitale, le peuple s’est rassemblé à travers les partis politiques, les organisations de la société civile, les chefs religieux et traditionnels, les forces de défense et de sécurité, etc. pour choisir un nouveau Président du Faso. C’est à travers une assise de la PA que les décisions ont été prises. Un comité en charge est constitué et c’est à l’issue d’échanges de plusieurs heures que le nom du Président de la Transition est annoncé suite à une décision consensuelle. Le…
Tout change, tout évolue, seuls les hommes forts africains ne changent pas. On croirait entendre Mobutu Sese Seko, quand Blaise Compaoré et ses soutiens évoquent la spécificité de l’Afrique comme contre-argument au président américain Barack Obama, auteur de la célèbre phrase : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, l’Afrique a besoin d’institutions fortes ». Selon Compaoré, « il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durée ». L’opposition politique burkinabè a immédiatement répliqué que l’Afrique avait besoin de grands hommes comme Mandela et non d’hommes forts comme Mobutu. Au-delà de la confusion sur le sens de l’expression «homme fort» qui renvoie plus à un «autocrate» qu’à…

Le mythe sur la surpopulation de l’Afrique

Écrit par Samedi, 01 Avril 2017 00:00
A en croire certains «experts» et journalistes, la population africaine serait entrain d’exploser à tel point qu’il faille faire de la réduction de la natalité une priorité. Cet alarmisme sur le boom démographique en Afrique est partagé par une bonne partie de l’élite africaine; ce qui n’est d’ailleurs pas surprenant vue sa propension à répéter sans questionnement les problématiques dictées de l’extérieur. L’Afrique est-elle réellement surpeuplée? Quelle est la mesure réelle de sa croissance démographique? En quoi celle-ci menacerait l’avenir du continent ou de l’humanité? Telles sont les questions sur lesquelles se penche cet écrit.
La civilisation africaine est par essence communautaire. Les Africains placent au cœur de leur mode de vie le bien-être de la communauté plutôt que celui des individus. Toutefois, comme dit ce proverbe togolais d’origine Ewe “deux calebasses placées sur une même surface d’eau finissent par se cogner”. C’est dire que la cohabitation et la vie communautaire n’est pas toujours sans tension. Que faire donc pour solutionner les conflits qui peuvent surgir de temps à autres? Nos ancêtres ont trouvé une excellente solution à cette problématique en la “Palabre Africaine”. C’est dans l’objectif de mieux comprendre cette pratique ancestrale et aussi de voir comment elle peut aider à consolider la démocratie en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier…
L'Afrique face à ses langues (suite et fin) Un autre aspect non moins important sur la problématique des langues est le contrôle de la pensée. La langue en est un élément clé. Tout analyste averti sait que l'Afrique Noire est probablement la seule partie du monde qui ne contrôle pas les idées qui circulent sur son territoire. Par contrôle, il ne faut pas comprendre la main mise d'un régime politique sur les mécanismes de production et de circulation des idées. Il s'agit plutôt d'une certaine autonomie dans la production des idées et du fait que les acteurs de cette production doivent être internes à la société en question. La langue est un élément clé du contrôle de la pensée. Un…
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