Vendredi 28 Juillet 2017

L’image globale de la crise au Zimbabwe : En attendant qu’une certaine presse Africaine se libère de la tutelle coloniale, 1ère partie.

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  • 14 Octobre, 2009
  • Écrit par  T.S. et P. R.
  • Publié dans Afrique

 

L’histoire récente de l’Afrique retiendra que c’est l’élection présidentielle qui aura le plus attiré l’attention du monde occidentale de part la quantité des reportages et des dépêches des médias ainsi que l’indignation quasi-totale des gouvernements respectifs de cette partie du monde. De la Grande Bretagne aux États-Unis en passant par la France, l’Allemagne et bien d’autres pays européens, tous ont dénoncé ce que d’aucuns qualifient de « simulacre électoral », de « mascarade » et d’autres d’ « élections illégitimes ne reflétant pas la volonté du peuple Zimbabwéen », se croyant certainement mieux placés pour connaître la volonté du peuple Zimbabwéen. La plupart de ces pays ont refusé de reconnaître les résultats de ces élections. Les États-Unis sont même allés plus loin en proposant un projet de résolution aux Nations Unis, qui sanctionnerait les dirigeants du Zimbabwe pour non respect des règles démocratiques.

La principale question ici ce n’est pas de savoir si Mugabe est coupable ou innocent, il est clair qu’il n’est pas un démocrate exemplaire, qu’il aurait pu passer la main à quelqu’un de plus jeune après près de 28 ans passés au pouvoir. Mais il est tout aussi clair que Mugabe n’est pas le pire des dirigeants africains, encore moins la figure de l’autocrate.

La principale caractéristique des régimes autocratiques est qu’ils ne « perdent jamais les élections qu’ils organisent » pour paraphraser le Président Gabonais Omar Bongo. Or en 2000, Mugabe a perdu le référendum constitutionnelle qu’il a organisé ; il a aussi perdu les élections législatives récemment organisées concomitamment avec les présidentielles au profit de l’opposition, il a même perdu le premier tour des présidentielles. Quel dictateur a-t-il déjà perdu des élections qu’il a lui-même organisées quand on connaît les méthodes de tricheries électorales : bourrage d’urnes, mauvais décompte, subornation de la commission électorale.

Bien sûr les élections organisées récemment n’étaient pas parfaites, on peut en effet déplorer les violences – de tous les côtés d’ailleurs – qui ont entachées le scrutin. Mais est-ce la pire des élections jamais organisée en Afrique ? Non. Alors la question devient la suivante : pourquoi les pays occidentaux qui traitent avec, et reçoivent les pires dirigeants du continent africain se mettent tout à coup à défendre la démocratie en Afrique ?

Les exemples font légions : Kadhafi a été récemment reçu en France par Nicolas Sarkozy, alors qu’il n’est même pas élu par voie électorale depuis qu’il est au pouvoir. Paul Biya du Cameroun a été récemment reçu en France, on lui a même consacré une interview sur la chaîne France 24, alors que récemment pour avoir protesté contre sa réforme constitutionnelle visant à se maintenir au pouvoir à vie, près d’une centaine de camerounais ont été tués. En avez-vous entendu parler sur CNN, BBC, Le monde, Le figaro, Le New York Times ? Une fois en passant tout au plus.

Les médias occidentaux sont connus pour leur mépris à l'égard de l’Afrique. Les africains sont absents de leur sphère de vision sauf quand il s’agit de les présenter comme une race en voie d’extermination, par des guerres, des maladies, des famines, et dont on doit s’apitoyer pendant de rares moments de compassion. Les élections dans les pays africains, les abus de pouvoirs ne les intéressent guerre.

Les guerres en Irak et en Afghanistan ont été très médiatisées, de même que les accrochages dans certaines régions du monde. En revanche les interférences militaires françaises en Côte d’Ivoire et au Tchad entre autres ont été largement ignorées par les médias français en particulier ; eux, aptes à critiquer leurs homologues américains. Bref, depuis quand la démocratie en Afrique intéresse les occidentaux, leurs médias et leurs gouvernants ?

Le seul crime de lèse majesté que le Président Mugabe semble avoir commis est d’avoir voulu retirer les terres agricoles détenues à 70 % par moins d’1% de la population qui se trouve être blanche et d’origine européenne. On n’a vu des africains crier au loup avec les occidentaux, en se tenant à une vision superficielle de la crise au Zimbabwe. Certains dénoncent la pauvreté dans laquelle les zimbabwéens ont été plongés, l’inflation surréaliste comme preuve que Mugabe se fout du bien être de ses concitoyens. La question qu’ils ne se posent pas, c’est : pourquoi Mugabe qui dirigeait un pays prospère de 1980 à 2000 est subitement devenu un mauvais leader au point que son pays puisse plonger dans une crise économique ? Une investigation historique s'avère indispensable pour comprendre les dessous de cette crise.

 

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Dernière modification le Dimanche, 26 Avril 2015 12:14

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