Dimanche 17 Décembre 2017

L'Afrique face à ses langues (suite et fin)

 Un autre aspect non moins important sur la problématique des langues est le contrôle de la pensée. La langue en est un élément clé. Tout analyste averti sait que l'Afrique Noire est probablement la seule partie du monde qui ne contrôle pas les idées qui circulent sur son territoire. Par contrôle, il ne faut pas comprendre la main mise d'un régime politique sur les mécanismes de production et de circulation des idées. Il s'agit plutôt d'une certaine autonomie dans la production des idées et du fait que les acteurs de cette production doivent être internes à la société en question. La langue est un élément clé du contrôle de la pensée. Un peuple dont on contrôle les idées est un peuple sans avenir. Il n'est plus nécessaire d'envoyer des armées sur place pour l'exploiter. On peut le convaincre à s'auto-détruire. Il est incapable de prendre la moindre initiative car les problématiques sont élaborées par d'autres à sa place. C'est probablement la raison pour laquelle, malgré les professions de foi, la question de la langue n'est toujours pas tranchée en Afrique.

Lorsqu’on aborde la question du «développement» de l’Afrique, les concepts, les idées – pour ne pas dire les idéologies – foisonnent ; en particulier pour ce qui concerne le fait urbain. La question de la croissance et de la gestion des villes africaines n'est généralement abordée que sous un angle exclusivement dramatique. Les images que l'on projette sur ces villes illustrent très souvent des scènes de désordre ou de chaos [1]. Urbanisation sauvage, bidonvilles, criminalité dans les villes, incivisme des populations, immondices des ordures ménagères, etc. telles sont les expressions qui reviennent le plus souvent dans les écrits.

Nous publions ici un article que nous avions écrit et publié dans quelques médias africains en Octobre 2008 sur la crise zimbabwéenne. Nous estimons qu'il est toujours  d'actualité et vous le proposons intégralement en deux parties:

La crise subvenue récemment à l’occasion des élections présidentielles au Zimbabwe montre la nécessité pour les africains d’avoir des sources d’informations fiables sur leur continent et sur le monde entier. En effet, la plupart des journalistes africains à quelques exceptions près ont enfourché le cheval de la propagande occidentale pour dépeindre Le Président Robert Mugabe comme un dictateur sanguinaire qui n’est mu que par la volonté de s’accrocher au pouvoir au détriment des intérêts de son peuple.

La langue est pour un peuple, ce que l’ADN représente pour un être humain. Elle est le principal moyen de communication; elle permet de mieux signifier ce que l'on veut faire savoir, et de mieux comprendre ce que l'on désire connaître. Elle est, pour un peuple, l'outil nécessaire à l'expression de ses sentiments, de sa vision du monde, de ses croyances et de sa culture. Orale, gestuelle ou écrite, elle donne ainsi à un peuple le meilleur moyen de s’identifier et de marquer sa différence avec les autres. Au bout d’un demi-siècle de fonctionnement avec les langues européennes, il est plus qu’impératif pour l'Afrique de faire un bilan. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’actuellement, les langues africaines semblent être dans une situation de déclin.

Nous publions ici un article que nous avions écrit et publié dans quelques médias africains en Octobre 2008 sur la crise zimbabwéenne. Nous estimons qu'il est toujours d'actualité et vous le proposons intégralement en deux parties:

Cela nous incite à une profonde réflexion sur la nature de la démocratie et l’importance des medias en Afrique. En effet, la plupart des journalistes et des personnalités africaines et afro-américaines qui devraient pourtant être avertis ont repris les analyses occidentales à notre grande consternation. De Nelson Mandela, le héros de la lutte anti Apartheid, jusqu’au Révérend Al Sharpton – leader d’opinion afro-américaine – tous ont dénoncé, sous la pression de l’opinion publique occidentale savamment cuisinée par la presse, la « faillite du leadership » (dixit Mandela) et le manque de démocratie au Zimbabwe.

Les contestations et les violences qui ont émaillé les élections présidentielles organisées récemment dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest étalent au grand jour les limites des systèmes politiques reposant sur une organisation périodique de consultations électorales.

Sans remettre en cause ce type de système politique il apparaît toutefois nécessaire de le remettre en question dans le contexte africain afin de dégager les palliatifs indispensables à la survie des États africains.

Ce problème est inhérent au mode de gouvernance couramment appelé démocratie qu’on essaie de mettre en place en Afrique . Dans ce type de régime, il n’y a que le nombre de personnes qui s’alignent derrière soi qui compte...

 

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