Dimanche 19 Novembre 2017

Il y avait dans une cité un homme riche et puissant, disposant de plusieurs serviteurs. Se disant pétri d’expérience dans la gestion des affaires de la cité, les habitants décidèrent à un moment donné de faire de cet homme leur roi. Aussitôt son couronnement terminé, le conseil des notables s’organisa et demanda au nouveau roi un traitement spécial et différent des autres serviteurs. Les notables expliquèrent qu’ils sont les faiseurs de rois, les gardiens de la tradition et par conséquent, devraient recevoir plus de faveurs et de bonnes grâces de la part du roi. Ce dernier céda, croyant bien faire.

Les laboureurs, qui ne sont pas très loin du palais royal, apprirent la nouvelle et s’organisèrent à leur tour pour réclamer du roi un meilleur traitement. Ils expliquèrent au roi: ‘’C’est nous qui labourons la terre dans vos champs. Sans nous, vous n’aurez pas assez de vivres pour nourrir les gens de la cour royale, venir en aide au peuple, et en vendre dans les cités voisines. Au regard de la pénibilité de notre travail, nous exigeons désormais, 35% des récoltes de vos champs.’’ Le roi dans son infinie bonté, accepta.

Les guérisseurs qui écoutaient sans dire mots, se rapprochèrent et sans détour racontèrent: “Lorsque vous êtes malade, Oooh grand roi, c’est nous qui vous soyons. Sans nous, vous ne serez plus jamais en bonne santé. Notre métier est cependant très complexe. La santé n’ayant pas de prix, nous demandons de l’or à compter de ce jour, pour nos services”. Le roi prit peur et accepta ces nouvelles revendications.

Comme une fumée, la nouvelle de la capitulation du roi face aux revendications des serviteurs du palais royal se propagea dans tous les coins et recoins de la belle cité. C’est alors que les  eunuques, les griots, les forgerons, les soldats, etc. se précipitèrent chez le roi pour demander leur part. Chaque groupe trouvait des raisons, des astuces pour demander plus d’avantages au roi… Le roi, cet homme riche et puissant, qui se disait expérimenté dans la gestion des affaires de la belle cité, semblait être dépassé par toutes les revendications corporatistes de ses serviteurs. Consumé par cet engrenage de captation de la rente royale par ses serviteurs, le roi n’avait plus de temps pour résoudre les problèmes de son peuple qui, croupissait dans la misère et vivait de plus en plus dans un environnement d’incivisme, d’insécurité et d’injustice. Pendant combien de temps les habitants de la cité supporteront-ils les pratiques de cette cour royale?

Cette histoire fictive… se déroule pourtant sous nos yeux dans notre chère patrie le Burkina Faso. Magistrats, journalistes des médias publics, travailleurs de la santé, policiers, agents du ministère des finances (impôts et trésor publics), etc. tous, ont tour à tour exigé du gouvernement des avantages quelconques sous peine de grèves et de sit-in à répétition.

Comment en est-on arrivé là? Le péché originel du Président Kaboré n’a-t-il pas été le fait d’avoir ouvert la boîte aux pandores en accordant des avantages faramineux aux magistrats? L’argument qui consiste à dire que les magistrats doivent être indépendants financièrement pour ne pas céder à la corruption ou pour maintenir l’indépendance de la justice tient-il la route? Certainement pas! Il suffit de se référer à la définition du mot ‘’corruption’’ et de l’expression ‘’indépendance de la justice’’ pour comprendre que le niveau de traitement salarial du magistrat n’est pas la seule variable indépendante de la corruption au sein de la magistrature ou du manque d’indépendance de la justice dans notre pays. D’autres variables non moins considérables comme les pressions politiques et morales, l’absence d’éthique, l’incompétence, etc. peuvent aussi entrer en ligne de considération.

Pour juguler cette fronde sociale, le Président de l’Assemblée Nationale (PAN) Salifou Diallo, invite le gouvernement à faire preuve de fermeté car dit-il : « une seule catégorie d’agents publics ne sauraient se soustraire à leurs obligations et se prévaloir uniquement de leurs droits.»{footnote}http://lefaso.net/spip.php?article77442{/footnote}. Portant le 23 mai dernier, les députés ont adopté une  proposition de loi portant statut de la fonction publique parlementaire et il va sans dire que cela aura « une incidence positive sur leur traitement salarial.»{footnote}http://lefaso.net/spip.php?article77367{/footnote} Mieux, cette loi prend en compte le volet social que le PAN résume en ces termes : «Il y a dans ce statut le volet social qui a été pris en compte. Désormais, les fonctionnaires parlementaires ont droit à une prise en charge social de façon permanente, au niveau de la santé, des évacuations, au niveau de certains traitements. C’est aussi ça la force de ce statut.»{footnote}http://lefaso.net/spip.php?article77367{/footnote} Faut-il y voir du populisme ou de l’hypocrisie dans cette sortie du PAN? Il trouve acceptables les revendications des députés mais quand il s’agit de ceux des fonctionnaires, il invite le gouvernement à faire preuve de fermeté…

Certains syndicalistes ayant obtenu gain de cause dans leurs revendications, disent fièrement aux autres agents de l’administration, qu’ils méritent leurs avantages et acquis car disent-ils, ils ont lutté et seule la lutte paie. Personne n’est contre le principe de la lutte. C’est plutôt la forme et les moyens de cette lutte qui souvent posent problème. Quel honneur y a-t-il à prendre en otage tout un peuple pour des revendications corporatistes? Par ailleurs, si nous validons le fait que l’État, sans discernement et sans une approche globale, doit récompenser exclusivement les efforts de ceux qui luttent, nous glisserons progressivement dans la logique de ‘’la raison du plus fort est toujours la meilleure.’’ En d’autres termes, le pays sera mis en coupes réglées et c’est celui qui aura le couteau le plus tranchant et le plus long qui découpera sa part fût-elle celle du lion. Que diront alors nos syndicalistes, nos députés et autres serviteurs de l’État quand les militaires sortiront des casernes avec leurs armes pour revendiquer ‘’un statut spécial’’ ou des indemnités quelconques?

Les syndicalistes et le gouvernement  devraient savoir que tous les serviteurs de l’État sont dans le même bateau et aucun n’a plus de mérite que l’autre quant à la noblesse de leur travail. L’enseignant n’a pas plus de mérite que le médecin et ce dernier non plus n’a pas plus de mérite que le collecteur d’impôts, le magistrat, ou le militaire. Par conséquent, le gouvernement devrait sortir de cette logique d’accords quasi secrets et à la tête du client, pour épouser une approche globale qui placera l’égalité, l’équité et la justice dans le traitement des revendications de tous les serviteurs de l’État.

Alors que tous (Gouvernement, fonctionnaires, députés, magistrats, etc.) prétendent revendiquer et/ou travailler au nom et pour le peuple, que dira ce dernier de ces ‘’revendications lib-lib et accords mouta-mouta’’?{footnote}Expression d’un internaut dont le nom de profil sur Facebook est Maixent Somé.{/footnote} Qu’on le veuille ou pas, tout est une question de perspective et de perception et le peuple devrait avoir son mot à dire. Pendant que nos députés, et nos fonctionnaires réclament et obtiennent des prises en charges sociales et sanitaires, l'écrasante majorité du peuple, ceux qu'on appelle malheureusement ‘’les populations’’, eux ils peuvent mourir à Ouagadougou/Bobo-Dioulasso/Tougan/Dori sans avoir droit à des «évacuations sanitaires». Abandonné épisodiquement par des médecins ou à des infirmiers en grève ou qui font à peine leur travail (faute de moyens), ce peuple-là n’a droit à rien, absolument rien du tout. Trouve-t-on cela normal?

Trouve-t-on normal que pour un pays d’environ 19.600.000{footnote}Selon l’INSD, le chiffre exact en terme de projection pour l’année 2017 est de 19.632.147 http://www.insd.bf/n/{/footnote} d’habitants, environ 200.000 personnes happent à eux-seuls 45% des recettes fiscales de l’État pendant que la norme communautaire se situe à 35%?{footnote}http://www.leconomistedufaso.bf/2016/02/08/budget-2016-non-maitrise-des-depenses-de-personnel/{/footnote}Doit-on qualifier de ‘’front social’’ les revendications de 0,01% des Burkinabè? Ne faudrait-il pas simplement qualifier cela de front syndical et y apporter les réponses adéquates en gardant en mémoire les besoins cruciaux du peuple? En dernière analyse, les Burkinabè auront-ils tort de penser que leur administration publique se comporte comme le colon du XIXe siècle?

Pour Albert Memmi, l’usurpation, le profit, et le privilège{footnote}Memmi, A. (1965). The Colonizer and the Colonized. Beacon Press{/footnote} sont les trois attributs qui définissent le colonisateur. C’est surtout la question du profit qui devrait nous interpeller tous. Tout se passe comme si l’administration burkinabè voyait en l’État, son gâteau, sa vache à lait. S’engage alors une lutte féroce corporatiste pour tirer le maximum de profit auprès de cet État. D’où le spectacle ahurissant des plateformes revendicatives, des grèves et autres sit-in au détriment des usagers du service public ou des attentes du peuple. Cette même administration publique prétend que son travail est indispensable pour notre développement. Pourtant, tout donne à croire par moment que cette administration de par sa prédation, son usurpation et ses privilèges, est le premier ennemi de notre bonheur individuel et collectif. Si les serviteurs de l’État ne rectifient pas le tir, tôt ou tard, le véritable front social cette fois-ci du pays réel, se présentera à l’État sous la forme d’une bombe sociale qui, risquerait d’emporter tout sur son passage.

Nous sommes tous les fils et filles du Burkina Faso et aucun Burkinabè n’a plus de droits et de devoirs que l’autre. Ainsi, le poids de notre désir de vivre en commun et en harmonie, nous commande de faire appel à notre sens de la responsabilité pour que ce peuple qui a tant souffert, ne soit plus l’éternelle la balle de ping pong de ceux qui jouent des matchs pour un rapport de force quelconque. Pour ce faire, notre pays dans l’intérêt de tous, a besoin d’un véritable plan Tiémoko Marc Garango{footnote}L’intendant militaire Tiémoko Marc Garango a occupé les fonctions de ministre des finances et du commerce sous le Président Sangoulé Lamizana. Suite à la gabegie financière de la première république, il conduisit le redressement financier du pays réalisant des excédents budgétaires entre 1967 et 1970.{/footnote} pour nous sortir de ces petits arrangements scandaleux et à huis clos entre amis. Le sens du sacrifice, l’esprit de dialogue et de sincérité de la fin des années 1960s, dévoient habiter les cœurs et les esprits de ceux qui ont à charge la gestion de notre richesse commune. Du reste, le gouvernement dans un élan de transparence et de dialogue national, devrait traduire l’ensemble des plateformes revendicatives ainsi que les accords, dans les langues nationales pour que le peuple puisse avoir son mot à dire…

En tout état de cause, le gouvernement a un choix à faire. Soit il gère le pays pour des privilégiés (tous ceux et celles qui émargent au budget de l’État), soit il le gère pour le bien-être de tous les Burkinabè. Il y a urgence et il faudra vite choisir!!!

Le 13 décembre 2016 marquera le 18ième anniversaire de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo. Le peuple burkinabè attend toujours que la vérité et la justice se manifestent au grand jour… À cet effet, beaucoup marqueront encore cette triste date d’anniversaire par des actions de toutes sortes pour réclamer vérité et justice. Ce qui est  nécessaire et louable. Mais parallèlement à cette quête de justice, peut-être serait-il temps de débuter une sérieuse conversation sur ce que la jeunesse actuelle pourrait apprendre de l’expérience de l’illustre disparu.

Derrière l’image du journaliste d’investigation, se cachait aussi un homme d’affaires. En tant qu’entrepreneur, Norbert Zongo avait le goût de l’aventure et donc, du risque. À titre d’illustration, on peut citer la création de son journal ‘’L’indépendant’’ à un moment où la presse privée était toujours à ses balbutiements. Convaincu de la justesse de sa plume, il n’hésita donc pas à créer l’indépendant au lieu de se contenter de son salaire d’employé à Sidwaya ou à Carrefour africain. Bien avant cela, lorsqu’il eut de sérieuses difficultés avec la fonction publique, il se tourna vers l’agriculture à Léo et son chiffre d’affaire par an dépassait son salaire annuel. Il avait aussi son ranch qu’il mettait en valeur avec ses partenaires.

Combien sont-ils aujourd’hui ces jeunes qui voient en l’agriculture, un secteur où l’on peut s’auto-employer et créer de la richesse au lieu de se plaindre à longueur de journée dans des grains de thé? Combien sont-ils aujourd’hui ces fonctionnaires de l’État dont la routine, les brimades et l’absence totale de perspective de carrière ne les contraignent pas à envisager des possibilités d’accomplissement professionnel et personnel en dehors de l’administration publique? Là où beaucoup baissent les bras, là où certains préfèrent l’assurance du ‘’pourvu que le salaire tombe à la fin du mois’’,  Norbert Zongo lui a préféré aller à la conquête de sa liberté économique en entreprenant… il y a là une leçon à apprendre.

Il est bien vrai que nous ne sommes pas tous doués pour les affaires mais il y a une autre leçon sur la vie de Norbert Zongo et cela concerne son attachement à la dignité et à l’intégrité. Il était très attaché à l’idée de ‘’la réalisation de soi par soi-même’’ c’est-à-dire, vivre à la sueur de son front. Là où certains prenaient des raccourcis pour s’aligner et ‘’manger’’, lui avait opté fermement de faire de son travail un gagne-pain. Il n’était pas une proie facile pour les corrupteurs. En fait, il avait atteint un niveau où il n’était plus du tout une proie pour la corruption. Combien sont-ils aujourd’hui à crier ‘’Justice pour Norbert Zongo’’ mais qui à la moindre occasion, bradent nos deniers publics ou s’engagent dans des actes de spoliation envers les pauvres, les faibles et les exclus? De nos jours, combien de politiciens, d’activistes, ou de citoyens ordinaires célèbrent Norbert Zongo jour et nuit mais dont l’intégrité a été mise à mal sur la place publique du Burkina Faso post insurrection?

Que dire de ces nouveaux riches au Burkina Faso dont l’ascension économique a été si fulgurante, que leurs voisins de quartier n’arrivent plus à voir leur poussière? Considérant qu’ils ont réussi dans la vie, ils ne côtoient plus les petits gens... À ces personnes, la vie de Norbert Zongo pourrait enseigner la modestie, la serviabilité, et surtout l’amour pour le peuple. Comme le Président Thomas Sankara, il croyait au peuple et participait à son éducation, à l’éveil de sa conscience. Malgré sa relative aisance financière, Il était très proche du peuple si bien qu’il vivait avec ce dernier comme un poisson dans l’eau. Malheureusement, nous pouvons en dire moins aujourd’hui avec une certaine frange de notre élite politico-bureaucratique qui, considère son niveau d’éducation ou son statut social comme le point d’achèvement de sa différentiation totale avec le peuple analphabète, au nom duquel il vit et prétend servir.

Une telle élite devient selon Norbert Zongo, ‘’un fruit sans noyau’’ c’est-à-dire, infécond, improductif. Considérons par exemple la production livresque. Ils sont nombreux au Burkina Faso ou dans la diaspora à disposer de tous les instruments de production du savoir mais qui préfèrent briller par la paresse intellectuelle. À toutes ces personnes qui cherchent la rédemption, la vie de Norbert Zongo pourrait servir de boussole. L’homme avait une forte capacité de production. En plus de ses articles de journaux, il a publié deux livres : le parachutage et Rougbêinga. Combien de Burkinabè qui ont des Masters ou des Doctorats ont-ils publié un livre ou simplement des articles d’opinion sur l’actualité sociopolitique et économique? Ceci ne devrait pas être interprété comme une invitation à ne pas acquérir plus de savoir et de connaissance mais de constater que la production intellectuelle n’est pas nécessairement fonction du niveau d’éducation. Combien sont-ils ces hommes et femmes politiques qui après X années d’expériences, ne se soucient aucunement d’écrire leurs mémoires pour la postérité? Il est donc évident qu’on ne peut pas en tant qu’intellectuel burkinabè, célébrer Norbert Zongo et ne pas justifier son intellectualité par l’effort de production et/ou de prises de positions publiques aux côtés du peuple sur les questions brûlantes de son époque. Cela s’appelle simplement l’engagement!!!

Cet engagement militant est quasi inexistant auprès de la majeure partie des intellectuels sous  le soleil du Burkina Faso post-insurrection. Ils sont nombreux les jeunes intellectuels burkinabè qui, ne rêvent plus de changement… Ils semblent avoir démissionnés et commencent à s’accommoder de l’insomnie collective post-insurrectionnelle. Pour eux, la sphère politique est devenue l’objet de dégoût tant ils sont déçus du comportement des acteurs politiques ou de la politique en général. Faut-il rappeler que Norbert Zongo luttait au moment où Blaise Compaoré avait vaincu et réduit l'opposition à de la figuration? L’erreur consiste donc à baisser les bras parce que les hommes politiques nous déçoivent.

Bien au contraire, là où les Hommes politiques rampent dans la bassesse, les intellectuels doivent s’élever par leur sagesse en dénonçant la mauvaise gestion des affaires publiques. Pour ceux qui ont encore le courage de se battre, l’erreur consiste à croire que ce n’est que par le canal de la politique que l’on peut faire changer les choses. La vie de Norbert Zongo est un témoignage vibrant que même en dehors du terrain politique, on peut contribuer au changement social et marquer ainsi son époque. Dans un pays ou toute personne éduquée rêve (secrètement) d’être nommée ministre à défaut de se faire élire Président du Faso, Norbert Zongo nous démontre par sa vie qu’on peut soulever des montagnes et obtenir l’immortalité sans nécessairement être un politicien de carrière. Ceci ne devrait pas être interprété comme une invitation aux jeunes à se désengager de la politique, mais de savoir qu’en dehors de la sphère politique, on peut aussi œuvrer pour le changement social. Pour cela, chacun à quelque niveau que ce soit, doit avoir le courage de faire son devoir et non de se contenter de ce qu’il veut ou peut faire. C’est en remplissant nos devoirs individuels que nous réaliserons un sursaut collectif en tant que peuple vers le changement tant désiré. Comme Norbert Zongo, nous sommes tous invités à nous libérer du vouloir et du pouvoir pour devenir ce qu’il appelait, ‘’des couveuses de conscience’’ et poursuivre la lutte.

Au final, on retiendra que Norbert Zongo laisse à la jeunesse burkinabè et africaine, un héritage inestimable. Il n’a pas obtenu un doctorat mais sa contribution en termes de production intellectuelle surpasse celle de certains académiciens burkinabè. Il n’était pas un homme politique mais en dehors de Thomas Sankara, rares sont les hommes et femmes politiques au Burkina Faso qui jouissent de sa popularité auprès du peuple. Il n’était pas un sain mais vivait en parfaite symbiose avec le peuple. Il n’a jamais fêté son Nième milliard mais il était serviable et utile en ayant le cœur sur la main. Si l’État burkinabè ne veut pas rendre justice à Norbert Zongo, nous pouvons nous citoyens de ce pays, chacun en ce qui le concerne, rendre une certaine justice à cet homme en intégrant dans nos comportements de tous les jours toutes ces qualités dont il a fait montre. 

Malcolm X s’est investi au prix de sa vie, dans le combat contre le racisme envers les Noirs. Ce racisme, produit de l’idéologie de la suprématie blanche, avait fait des Noirs Américains des citoyens de seconde zone. La liberté, l’égalité, et la justice leur était refusé ou du moins, s’appliquaient à eux de manière arbitraire… Malcolm X a marqué les cœurs et les esprits de ses concitoyens de l’époque et certaines de ses idées considérées comme radicales de son temps, trouveraient aujourd’hui un écho favorable auprès d’une certaine jeunesse africaine.
L’objectif de cet article c'est de faire appel à la vigilance des Africains, pour que la lutte contre le terrorisme ne devienne pas une excuse des gouvernements africains pour justifier le manque de progrès dans la quête de démocratie et de progrès économique et social.
On continuera à se demander comment Blaise Compaoré a-t-il manœuvré pour rester à la tête du Burkina Faso durant 27 ans? Au lendemain du 15 octobre 1987, beaucoup de Burkinabè avaient parié que son pouvoir ne ferait pas long feu. Depuis lors, Blaise Compaoré et son régime ont survécu crise après crise pour finir par prendre en otage tout un peuple pendant près de trois décennies. Pour parvenir à cette fin, le silence a été parmi tant d’autres, un outil de gouvernance entre les mains de l’ancien locataire de Kosyam.
On pourra spéculer indéfiniment sur les raisons réelles de la présence de ces forces militaires étrangères dans notre pays. Toutefois, cela n’écartera point les épineuses questions de savoir par quel mécanisme juridique ces forces étrangères se retrouvent-elles au Burkina Faso ? Pour combien de temps ? Et quel impact cela aurait-il sur l’indépendance d’action de notre État ? Ce sont là des questions bien embarrassantes à Ouagadougou.

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