Vendredi 28 Juillet 2017

Education au Burkina Faso : la motivation par la culture du héros et de l’excellence

Salle de cours au Burkina FasoLa famille est le socle et le noyau de toute société et les enfants en sont l’avenir. C’est la raison pour laquelle chaque enfant qui naît est une chance pour chaque nation de repartir à zéro. Pour maintenir une meilleure cohésion sociale et une solidarité fraternelle, et pour bâtir une nation capable de se réinventer et s’adapter aux changements et défis de son époque, le système éducatif africain qui a toujours été une préoccupation communautaire et un maillon essentiel dans la société africaine, doit subir une refonte complète. Plusieurs aspects du système éducatif africain en général et burkinabè en particulier sont à remanier, dont l’aspect motivation qui fait l’objet du présent article.

La recherche du bonheur et l’accroissement du bien être communautaire est un combat générationnel qui se gagne ou se perd d’abord dans la tête. Les vainqueurs sont ceux/celles qui y croient, les perdants sont ceux/celles qui désespèrent et baissent les bras. Ces derniers se laissent abattre par les difficultés et les exigences de la vie; ils succombent aux  tentations d’une existence facile.

Les vainqueurs se convainquent que ce combat se prépare à l’avance. Et mieux encore, ils savent se motiver. Remarquons que même l’armée ou l’équipe la plus puissante et la mieux préparée au monde a toujours besoin de son Général ou de son entraineur pour lui donner un « pep-talk » juste avant le début des hostilités. Comment instaurer ou renforcer la motivation, ingrédient très crucial de l’excellence dans notre système éducatif afin de lui insuffler un dynamisme nouveau? 

Les citations : libellons nos classes de dictons qui traduisent les valeurs et vertus que nous désirons voir dans notre société.

Tous les meneurs d’Hommes le savent : les mots ne sont pas vains. « Ils déterminent notre compréhension de nous-mêmes, la manière dont nous voyons le monde et la façon avec laquelle nous traitons les autres[1] » comme le disait Krista Tippet. Les mots représentent sans aucun doute l’un des moyens les plus efficaces pour changer radicalement la vie d’un homme.

Combien de fois avez-vous lu, entendu ou même dit quelque chose du genre : « depuis le jour où j’ai entendu et/ou lu cela, ma vie n’a plus jamais été la même », « cette phrase restera à jamais gravée dans ma mémoire », « je n’oublierai jamais ce que mon père m’a dit ce jour-là », « je suis devenu ce que je suis à cause de cette phrase», « ce bouquin m’a sauvé la vie », « cette parole m’a totalement ouvert l’esprit ou les yeux », etc. Oui, le pouvoir et la portée des mots sont inouïs.

Nous avons fort heureusement une culture des citations : traditionnellement, il est très rare de voir un Africain parler pendant des minutes sans introduire un proverbe du genre « comme le disent les Bissa,… » ou « comme disaient nos grands parents… » pour mieux étayer ses propos. Nous sommes les héritiers de cette richesse linguistique et devrons par conséquent faire un meilleur usage de ces proverbes et citations qui ne laissent personne indifférente lorsqu’ils sont prononcés. Certaines phrases ont un impact tellement immense qu’elles deviennent des « mantras » qui aident à faire face aux difficultés de la vie. 

Pour certains, c’est quelque chose d’aussi banal comme « Allez, je vais y arriver » et pour d’autres c’est du genre « La meilleure façon d’échouer c’est de ne pas essayer ; alors je m’y mets. » Mentionnons l’extraordinaire effet de la célèbre phrase « YES WE CAN » du Président américain Barack Obama. Cette phrase, à travers l’optimisme, la croyance et la confiance en soi qu’elle fait naître, a permis de galvaniser des foules innombrables aux Etats Unis. Elle a contribué à redonner espoir, pas seulement au peuple américain, mais à diverses couches sociales à travers le monde entier.

Peu importe qu’un dicton nous supporte ou qu'il nous porte préjudice, le fait est, qu’il a un ascendant sur la façon dont nous faisons face aux événements de la vie. Alors, ne devrait-on pas choisir le genre de pensées qui nous élève et nous aide à venir à bout de l’adversité, à cultiver le type de société à laquelle nous aspirons?

Tout cela ne requiert qu’une dose de bonne volonté. L’expérience pourrait être étendue à nos maisons, à nos bureaux de travail, au même titre que ces photos et iconographes qui sont accrochés aux murs de nos salons. Par exemple, dans les classes ou à l’entrée des écoles et lycées, on pourrait avoir des écrits tels les suivants (proverbes africains), lesquels peuvent être adoptés comme devise de l’établissement:

  • Malheur à celui qui ne fait pas mieux que son père.
  • Le mensonge donne des fleurs mais jamais des fruits.
  • L’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli.
  • Qui n’est pas utile à soi-même ne peut être utile aux autres et à ses proches.
  • La réussite et la reconnaissance sont au bout de l’effort.
  • L’argent est bien, mais l’homme est meilleur parce qu’il répond quand on l’appelle.
  • La mort engloutit l’homme, elle n’engloutit pas son nom et sa réputation.

Les mots ne sont pas vains avons-nous dit plus haut. Un élève qui se convainc qu’il doit faire largement mieux que ses parents et se le répète régulièrement, se donne les chances et peaufine une bonne stratégie pour que le succès soit au bout de ses efforts.


Les héros : instaurons le culte du héros et du symbole au sein de nos établissements.

Avoir un héros ou un symbole est un moyen efficace pour se motiver régulièrement, surtout pendant les périodes difficiles. Cela aide aussi à cultiver l’excellence dans les établissements scolaires. Les héros ou les symboles sont des personnes ordinaires qui font l’histoire ; ils sont toutefois une fascination pour les autres car leurs histoires résonnent ; ce sont des sources d’inspiration qui montrent ce dont l’être humain est capable. Ils inspirent à un dépassement de soi afin de les émuler. Cette émulation nécessite une volonté de fer et des sacrifices car comme dit un proverbe africain, « l’héritier du léopard hérite aussi de ses taches ». Comment instaurer le culte du héros, du modèle ou de la référence dans le milieu scolaire ? 

Plusieurs avenues sont ouvertes mais la meilleure émulation n’est elle pas celle qui se base sur des héros de la même communauté ou de la même société ? Dit autrement, au lieu de parcourir le monde à la recherche de modèles, pourquoi ne pas hisser certains élèves ou étudiants burkinabè exceptionnels au rang de modèles ? Ces derniers seront alors des références pour leurs camarades et les promotions suivantes.

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Notes

1. The words matters. They shape the way we understand ourselves, the way we interpret the world and the way we treat others” Krista Tippet (http://www.ted.com/talks/krista_tippett_reconnecting_with_compassion.html) [Retour]

Dernière modification le Samedi, 25 Avril 2015 21:44

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