Samedi 23 Septembre 2017

Le débat sur la question du Sénat n’est pas encore clos. Beaucoup espéraient que le Président du Faso après lecture du rapport du comité de suivi, renonce simplement à ce projet qui faut-il le rappeler, divise la nation et menace la paix sociale du pays. Certains avancent qu’en fait, le Président Compaoré et son gouvernement ont opté pour un enterrement en douceur du Sénat. En demandant au gouvernement d’élargir la base de concertation, le Président  sans le dire aurait voulu trouver une porte de sortie honorable pour ne pas perdre la face.

Notre pays a certes connu divers bouleversements sociopolitiques depuis son indépendance, le 05 août 1960, mais les plus importants se sont produits sans doute lors de la révolution de 1983-1987. Le 04 Août 1984, lors de l’anniversaire de l’avènement de la révolution, le pays a changé de nom pour devenir le Burkina Faso. Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé et plusieurs de nos compatriotes, si ce n’est leur écrasante majorité, ont oublié ou n’on pas une bonne connaissance des symboles de l’État et de leur signification profonde.

Le débat sur les intellectuels et leur place sur la scène publique burkinabè s’est intensifié ces derniers temps avec trois articles au moins publiés dans la presse burkinabè sur le sujet. Amadou DIALLO, chercheur au CNRST et Salifou SANGARE de l’Association Burkinabè de Sciences Politiques ont publié respectivement deux articles aux titres presque identiques : « L’intellectuel burkinabè et la Politique »[1] et « L’intellectuel et la politique »[2] sans que malheureusement il y’ait eu de dialogue entre les deux textes. Récemment Alceny BARRY, journaliste à l’Observateur Paalga a posé dans un de ses articles une question un tout petit peu provocatrice : « Où sont passés nos intellectuels ? »[3] Ce qui suit est une contribution à ce débat déjà amorcé et très utile pour notre pays.

Le mot «democracy» dans le moteur de recherche Google Schoolar produit environ 40 millions de liens que le lecteur pourra consulter. De cette simple expérience de recherche sur Internet, on pourra conclure que si la démocratie était un concept simple, il ne serait peut-être pas nécessaire de consacrer tant d’efforts sur le plan académique pour l'expliquer. En dépit de cette complexité, de nombreux pays se tournent de plus en plus  vers la démocratie. L’organisation de défense des pratiques démocratiques, Freedom House (2012) estime que 117 pays dont le Burkina Faso, ont opté pour la démocratie, entendue comme un moyen de sélection des leaders politiques ou des gouvernements à travers des élections libres et transparentes dans lesquelles tout citoyen adulte peut voter.

Toucher à l’article 37 de la constitution, c’est plonger le pays dans une spirale sans nœud. Ces propos du président du PAREN répond à une question politique, encore insoluble en Afrique et au Burkina en particulier. Ils font le constat du non avènement d’Etats solidement ancrés dans des pratiques démocratiques après 50 ans d’indépendance. L’objet de ces lignes n’est pas de raviver les songes qui ont accompagné et guidé les pères des indépendances africaines. Notre intention est double. Il s’agit de faire ressortir les intentions proprement politiques de nos constitutions en particulier celle du Burkina Faso sans tenir en suspens les principes qui guident leur interprétation.

Le Burkina Faso est plongé depuis le mois de Février dernier dans une crise socio-politique dont le dénouement se fait attendre. Deux événements atypiques ont été les catalyseurs de cette crise. Le premier est le décès de Justin Zongo, un élève du collège Guesta-Kaboré de Koudougou. La controverse sur les causes du décès est à l’origine de la protestation des élèves et étudiants.

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