Lundi 19 Novembre 2018

Relations romantiques au sein de la diaspora africaine en Occident : l’amour au pays des Blancs.

En ce qui concerne les hommes, leur psychologique primitive les incite à choisir la femelle la plus "saine", celle avec qui ils souhaitent se reproduire, c'est-à-dire, celle qui paraît en parfaite santé de par son attirance physique. Là aussi, dans la société occidentale la figure de la beauté est la "femme blonde et mince", ce qui exclue évidemment les femmes noires.  Ce n’est pas un hasard si l’héroïne typique ou la cheerleader convoitée dans les films, la jeune princesse à sauver dans les contes pour enfant ou la femme fatale dans les films d’action est généralement blonde.

Ces deux réalités alimentent un complexe chez les hommes comme chez les femmes qui paraissent ainsi condamnés à des frustrations réciproques. La femme noire s’arrache donc les cheveux, presque littéralement ou les transforme très souvent, pour correspondre aux critères de beauté dominants de la société, sans mentionner l’opprobre du blanchiment de peau. Chez les hommes, la contrainte de beauté physique est moins importante mais ceux-ci souffrent d’un doute systématique et d’à priori toujours peu flatteur. Or la capacité de l’homme à séduire en dépend énormément.

Face à ce déni de dignité, les hommes ont tendance en général à se révolter et à affirmer avec force leur différence. Tandis que les femmes ont en général tendance à se conformer aux règles générales de la société, à s’allier avec les plus forts car leur soucis primaire est le parapluie de sécurité au-dessus de leur foyer. En général, les femmes ont une moindre tendance à la résistance par rapport aux hommes, pour des raisons d'abord biologiques puis psychologiques. Les filles africaines en Occident donnent ainsi parfois l'image de déboussolée culturelle qui adoptent plus facilement les manières, les mœurs et la vision occidentale, même si cela ne peut-être généralisé.

Cela s’explique aussi par le fait que les filles en général, sont beaucoup plus soumises à la tyrannie des critères dominants dans la société. Ce n’est pas un hasard si l’industrie de mode féminin est d’une immensité non comparable à celle des hommes. Elles cherchent presque instinctivement à séduire et elles le font bon gré, mal gré, suivant les critères dominants au sein de la société. Les hommes dont la plupart cherchent au contraire à affirmer leur différence et à défendre leur identité culturelle se trouvent parfois seuls dans ce combat. Ils le font en partie pour leur propre intérêt. Pour séduire, l'homme a besoin de paraître fort et il ne peut l'être dans le référentiel d'autrui. C'est l'une des raisons pour laquelle, certains d'entre eux préfèrent repartir en Afrique pour trouver leurs compagnes. La frustration des filles africaines en Occident s’en trouve augmentée car elles ont moins de facilité à repartir chercher leurs partenaires en Afrique.

De plus, certaines filles africaines trouvent certains aspects de la culture africaine inégalitaires vis-à-vis des femmes. Elles pensent donc que les hommes veulent conserver cette culture parce qu’ils en tirent des avantages. Effectivement, la vie conjugale telle qu’elle est pratiquée en Afrique peut difficilement se pratiquer en Occident. Par ailleurs, l’organisation sociale ne peut pas se transposer d’une société à l’autre, dans un sens comme dans l’autre.

Les modes de productions économiques ainsi que les systèmes de valeurs étant différents entre l’Afrique et l’Occident, on s’attend aussi à ce que certains aspects de la vie conjugale soient différents. Cependant, la lutte pour une plus grande égalité entre hommes et femmes peut se faire à l’intérieur de tout référentiel culturel. Il y a une nuance entre vouloir plus d’égalité et rejeter catégoriquement sa culture d’origine. Un tel rejet peut aussi s’expliquer par l’aliénation culturelle qui touche également une partie des hommes.

Un autre problème s'ajoute pour la diaspora récente, c'est celui du déphasage culturel. Dans la société africaine, la femme ne peut pas donner l'impression d'être facile à conquérir. Cela diminuerait sa chance auprès d'un homme sérieux. Du coup en Occident, certaines filles africaines se conforment à cette culture, parfois à leur propre insu. Le problème est que parallèlement, la société occidentale est une société de respect absolu du droit de l'individu. Du coup, à la moindre réticence, les hommes n'insistent pas; ils interprètent cette réticence comme un rejet.

En Occident, c’est souvent bien plus la femme qui laisse savoir à l’homme qu’elle est disposée à accepter éventuellement ses avances alors que les filles africaines feignent l’indifférence précisément vis-à-vis de celui qui les intéresse. En plus, il faut reconnaître qu’en Occident les contraintes sont telles que les hommes ne peuvent pas avoir le temps pour jouer au “jeu de la séduction” à l’africaine. Il y va de leur survie.

L’absence ou l’insuffisance de vie communautaire rend également difficile les rencontres entre filles et garçons. En effet, à quelques exceptions près, les communautés africaines en Occident sont rarement solides comme par exemple:  la communauté indienne d’Inde au Canada, la communauté arabe en France, la communauté chinoise aux USA, etc... Dans de pareilles communautés, les garcons et les filles, bien que vivant a l’étranger, ont une grande aisance à se rencontrer et à former éventuellement des couples. A travers la vie communautaire, on peut recréer plus ou moins l’écosystème du pays d’origine, dans lequel les critères de valorisations seraient plus favorables.

En plus de cela, le statut de minorité hypertrophie les défauts des femmes et des hommes noirs. Il est bien connu que généralement pour les minorités, les qualités sont considérées comme spécifiques tandis que les défauts sont considérés comme généraux. Il n'est donc pas rare de voir une femme noire réagir de manière négative voire hostile aux avances d'un homme simplement pour se venger d'une déception passée. On rencontre aussi des hommes noirs qui affirment qu'ils ne s'intéressent plus aux femmes noires pour les mêmes raisons. C'est comme si les défauts d'une seule personne se généralisaient à toutes les personnes de la communauté.

Une meilleure compréhension du problème est déjà un pas vers la solution. Les femmes et les hommes devraient comprendre que leur faible capacité à séduire est partiellement liée au fait qu’ils opèrent en dehors de leur « niche biologique et sociale».  Il est quasi-impossible qu’une société développe des critères de valorisation favorables aux minorités. Or, le potentiel de satisfaction qu'une relation peut procurer dépend de l'image qu'on a de l'autre: beau, fort, respectable, belle, gracieuse, etc. En matière de séduction, la perception est souvent plus importante que la réalité car en général on a affaire à une personne inconnue à priori. Dans une société où on est minoritaire, la perception est rarement flatteuse à priori en raison du fait que les préjugés conscients ou inconscients sont rarement favorables.

L’alternative peut donc consister à développer une estime de soi collective pour compenser ce fait. Pour l’immigré, le refuge culturel peut ainsi constituer une échappatoire car il permet de raviver les critères physiques et sociaux de la société d’origine. Les asiatiques et les arabes ont notamment développé cet aspect. Dans le référentiel de la culture d'origine, il n'y a pas que les hommes qui retrouvent leur «mojo», c'est-à-dire leur force de séduction, les femmes aussi sont mieux satisfaites en raison de l'image positive que projettent leurs hommes. Pour ainsi dire, tout est dans la tête.

Barack et Michelle ObamaPour la diaspora ancienne, le combat passe par une réhabilitation de l’estime de soi aussi bien collective qu’individuelle. Les obstacles économiques sont évidemment tenaces mais il faut rompre le cercle quelque part car des familles brisées donnent des enfants délinquants qui donnent à leur tour des familles brisées et ainsi de suite. Le modèle que représentent l’actuelle famille présidentielle des États-Unis ou quelques stars noirs-américaines comme Will-Jada-Smith ou Jay-Z-Beyoncé est salutaire car il montre qu’une famille noire et presque parfaite est possible. L’impact de telles figures médiatiques peut-être très utile afin de forger un attachement nouveau à l’esprit de famille.

Un couple noir au litPour finir, c’est le printemps, moment de séduction par excellence en Occident. Si les filles africaines veulent avoir plus de succès, elles ne devraient pas hésiter à se montrer intéressées. L’échec ne doit pas être interprété comme une humiliation qui incite à ne plus recommencer. Les hommes y sont habitués depuis des lustres. Les hommes aussi devraient insister plus car cela montre à quel point ils tiennent à la cible de leur passion. Du point de vue des femmes cela les rassure sur le fait que ce n’est pas une histoire sans lendemain. Dans tous les cas, le jeu est ouvert, il appartient aux joueurs de s'y lancer. Le bonheur est littéralement en jeu!

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Dernière modification le Samedi, 25 Avril 2015 21:36

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