Jeudi 23 Novembre 2017

La campagne pour les élections présidentielles a commencé depuis maintenant une semaine au Burkina Faso. A chaque escale d’un candidat, la presse burkinabè dans son ensemble se contente de présenter des extraits de discours et des interviews, mais ne dit pas grand-chose sur ce qui se passe effectivement sur le terrain. Par exemple, on ignore combien de militants ils rassemblent, comment les meetings sont organisés et comment les Burkinabè accueillent leurs idées. On remarque aussi une insuffisance de questionnement sur le contenu des programmes des candidats. Nous estimons que le rôle des analystes est de décortiquer les programmes politiques pour faire ressortir les insuffisances afin que le citoyen puisse prendre une décision informée. Durant la campagne, Burkina Thinks proposera une série d'analyses pour alimenter le débat et la réflexion sur les candidats et leurs programmes.  Retenir toutefois que les opinions exprimées ne constituent nullement un rejet ou un soutien à un quelconque candidat.

Au-delà du fait que c’est la désapprobation massive du régime Compaoré qui a poussé les Burkinabè à se mobiliser, il y a lieu de s’interroger sur les principes organisationnels et politiques qui ont guidé la réussite de l'insurrection populaire et la lutte condre le coup d'État de Diendéré. L’objectif de cet article n’est pas de servir de recette à des troubles à l’ordre public ou d’inciter les gens à des soulèvements populaires. Il s’agit simplement d’une démarche intellectuelle à des fins de documentation de l’effort du peuple burkinabè.

A l'heure où nous traçons ces lignes, un accord a été paraphé sous l'égide du Mogho Naaba Baongo entre un officier représentant le RSP et un groupe d'officiers de l'armée nationale burkinabè. C'est suite à la descente de l'armée sur la capitale, Ouagadougou, que les positions du Gal. putschiste Gilbert Diendéré ont commencé à devenir conciliantes. Cela montre bien qu'il faut lui opposer une résistance ferme plutôt que de continuer les reculades datant de l'insurrection des 30 et 31 Octobre qui nous ont conduit dans cette situation. Cependant, les termes de l'accord laissent en suspens plusieurs questions. Est-ce que le RSP sera bel et bien désarmé? Quel sort sera réservé au Gal. Diendéré? Est-ce que les militaires du RSP se mettront sous les ordres du Chef d'État-Major Général des armées? Ces questions sont importantes parce que sans le désarmement du RSP, ces quelques jours auront simplement été un temps perdu pour le peuple burkinabè.

La campagne pour les élections présidentielles a commencé depuis maintenant une semaine au Burkina Faso. A chaque escale d’un candidat, la presse burkinabè dans son ensemble se contente de présenter des extraits de discours et des interviews, mais ne dit pas grand-chose sur ce qui se passe effectivement sur le terrain. Par exemple, on ignore combien de militants ils rassemblent, comment les meetings sont organisés et comment les Burkinabè accueillent leurs idées. On remarque aussi une insuffisance de questionnement sur le contenu des programmes des candidats. Nous estimons que le rôle des analystes est de décortiquer les programmes politiques pour faire ressortir les insuffisances afin que le citoyen puisse prendre une décision informée. Durant la campagne, Burkina Thinks proposera une série d'analyses pour alimenter le débat et la réflexion sur les candidats et leurs programmes.  Retenir toutefois que les opinions exprimées ne constituent nullement un rejet ou un soutien à un quelconque candidat.

A en croire les médias occidentaux, l'Europe fait face à sa plus grande crise migratoire depuis la deuxième guerre mondiale. Elle serait même entrain d'être envahie par des hordes de migrants venant de l'autre côté de la Méditerranée. Pourtant selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), seulement près de 300 milles réfugiés et migrants ont franchi la Méditerranée depuis le début de l'année alors que des pays comme la Turquie en ont accueillis plus d'un million. Pendant ce temps, près de 2500 personnes seraient mortes ou disparues en tentant de rejoindre l'Europe. Le nombre de réfugiés auquel fait face l’Europe est-il réellement excessif? Leur traitement est-il imprégné d’empathie? En d’autres termes, l'Europe souffre-t-elle d'un excès de réfugiés ou d'un déficit d'empathie? Telles sont les questions auxquelles cet écrit tentera de répondre.

Au cours de son premier voyage en Afrique en Juillet 2009, Barack Obama avait déclaré que "l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais d’institutions fortes." En réponse, Blaise Compaoré avait aussi déclaré en août 2014 lors du dernier sommet américano-africain à Washington qu’ «il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durée." Beaucoup d’encre et de salive ont coulé pour expliquer qui des deux présidents avait tort ou raison. A la faveur du soulèvement populaire qui a eu lieu au Burkina Faso, il parait approprié de revenir sur ce débat en visant deux objectifs. Le premier sera de tirer les grands enseignements sur la nature des institutions sous l’ère Compaoré. C’est pour cette raison que la première partie de cet article explorera l’univers des institutions du régime de Blaise Comapore. Le second objectif consistera à se projeter dans le futur et y dessiner le futur de nos institutions pour qu’elles soient plus fortes. Ainsi, la deuxième partie de l’article se focalisera t-il sur des propositions concrètes pour accompagner l’édification de nos institutions post-transition.

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