Vendredi 26 Mai 2017

A en croire les médias occidentaux, l'Europe fait face à sa plus grande crise migratoire depuis la deuxième guerre mondiale. Elle serait même entrain d'être envahie par des hordes de migrants venant de l'autre côté de la Méditerranée. Pourtant selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), seulement près de 300 milles réfugiés et migrants ont franchi la Méditerranée depuis le début de l'année alors que des pays comme la Turquie en ont accueillis plus d'un million. Pendant ce temps, près de 2500 personnes seraient mortes ou disparues en tentant de rejoindre l'Europe. Le nombre de réfugiés auquel fait face l’Europe est-il réellement excessif? Leur traitement est-il imprégné d’empathie? En d’autres termes, l'Europe souffre-t-elle d'un excès de réfugiés ou d'un déficit d'empathie? Telles sont les questions auxquelles cet écrit tentera de répondre.

Au cours de son premier voyage en Afrique en Juillet 2009, Barack Obama avait déclaré que "l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais d’institutions fortes." En réponse, Blaise Compaoré avait aussi déclaré en août 2014 lors du dernier sommet américano-africain à Washington qu’ «il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durée." Beaucoup d’encre et de salive ont coulé pour expliquer qui des deux présidents avait tort ou raison. A la faveur du soulèvement populaire qui a eu lieu au Burkina Faso, il parait approprié de revenir sur ce débat en visant deux objectifs. Le premier sera de tirer les grands enseignements sur la nature des institutions sous l’ère Compaoré. C’est pour cette raison que la première partie de cet article explorera l’univers des institutions du régime de Blaise Comapore. Le second objectif consistera à se projeter dans le futur et y dessiner le futur de nos institutions pour qu’elles soient plus fortes. Ainsi, la deuxième partie de l’article se focalisera t-il sur des propositions concrètes pour accompagner l’édification de nos institutions post-transition.

La Chine est devenue officiellement la première puissance économique mondiale depuis la publication en octobre dernier des données sur l’économie mondiale par le Fond Monétaire International (FMI). En termes de pouvoir d’achat réel, la Chine représente maintenant 16,5% de l’économie mondiale devant les 16,3% des USA. Selon les spécialistes, l’écart continuera à se creuser entre les deux pays. La Chine met ainsi fin au règne des USA comme leader de l’économie mondiale depuis 1872. Ceci représente à n’en point douté un bouleversement géopolitique malgré le silence des médias occidentaux sur le sujet. L’objectif de cet article sera dans un premier temps d’expliquer en quoi le triomphe économique de la Chine constitue un bouleversement de l’ordre mondial. Dans un second temps, il s’agira de dégager ce que l’Afrique pourra gagner dans sa relation avec la Chine par comparaison à sa longue expérience de “coopération” avec l’Europe/l’Occident.

A l'heure où nous traçons ces lignes, un accord a été paraphé sous l'égide du Mogho Naaba Baongo entre un officier représentant le RSP et un groupe d'officiers de l'armée nationale burkinabè. C'est suite à la descente de l'armée sur la capitale, Ouagadougou, que les positions du Gal. putschiste Gilbert Diendéré ont commencé à devenir conciliantes. Cela montre bien qu'il faut lui opposer une résistance ferme plutôt que de continuer les reculades datant de l'insurrection des 30 et 31 Octobre qui nous ont conduit dans cette situation. Cependant, les termes de l'accord laissent en suspens plusieurs questions. Est-ce que le RSP sera bel et bien désarmé? Quel sort sera réservé au Gal. Diendéré? Est-ce que les militaires du RSP se mettront sous les ordres du Chef d'État-Major Général des armées? Ces questions sont importantes parce que sans le désarmement du RSP, ces quelques jours auront simplement été un temps perdu pour le peuple burkinabè.

Un exemple contemporain d’application réussie de la palabre africaine est la mise en place des institutions de la Transition au Burkina Faso, notamment le choix du président, après l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2014. Après avoir nettoyé la capitale, le peuple s’est rassemblé à travers les partis politiques, les organisations de la société civile, les chefs religieux et traditionnels, les forces de défense et de sécurité, etc. pour choisir un nouveau Président du Faso. C’est à travers une assise de la PA que les décisions ont été prises. Un comité en charge est constitué et c’est à l’issue d’échanges de plusieurs heures que le nom du Président de la Transition est annoncé suite à une décision consensuelle. Le peuple, se reconnaissant très bien dans la PA, a accepté toutes les décisions prises et le Président de la Transition est reconnu et accepté par tous les Burkinabe. La “Palabre Africaine” est un processus de concertation et d’échange, visant à une prise de décision (cas d’une résolution de litiges, cas d’un choix stratégique pour l’avenir de la communauté, etc.) dont l’unique but est le rétablissement ou la préservation de l’harmonie sociale et la solidarité.

La civilisation africaine est par essence communautaire. Les Africains placent au cœur de leur mode de vie le bien-être de la communauté plutôt que celui des individus. Toutefois, comme dit ce proverbe togolais d’origine Ewe “deux calebasses placées  sur une même surface d’eau finissent par se cogner”. C’est dire que la cohabitation et la vie communautaire n’est pas toujours sans tension. Que faire donc pour solutionner les conflits qui peuvent surgir de temps à autres? Nos ancêtres ont trouvé une excellente solution à cette problématique en la “Palabre Africaine”. C’est dans l’objectif de mieux comprendre cette pratique ancestrale et aussi de voir comment elle peut aider à consolider la démocratie en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier que cet article est écrit.

Blogs en vedette

InfoLettre

Rester Connecté