Vendredi 28 Juillet 2017

Un pamphlet circule sur Internet à propos du manque de stratégie des dirigeants africains comparés au reste du monde. L’analyse qui suit sur comment l’Afrique de l’Ouest par manque de stratégie est tombée dans le piège de l’Occident renforce cette idée ... Ce qui est en effet curieux, c’est qu’une petite fraction des dépenses militaires américaines aurait suffisamment équipé l’armée malienne pour qu’elle fasse échec aux islamistes. Bien au contraire, depuis l’émergence d’Al-Qaeda, leur présence militaire se fait discrète. Quand Al-Qaeda était absent du Nord du Mali, la France et les États-Unis y étaient pour les combattre; maintenant qu’Al-Qaeda y est, c’est en vain qu’on cherche leur présence. Ils préfèrent déconseiller leurs ressortissants de se rendre au Mali et se montrent réticents à soutenir une intervention militaire ouest-africaine.

Notre pays a certes connu divers bouleversements sociopolitiques depuis son indépendance, le 05 août 1960, mais les plus importants se sont produits sans doute lors de la révolution de 1983-1987. Le 04 Août 1984, lors de l’anniversaire de l’avènement de la révolution, le pays a changé de nom pour devenir le Burkina Faso. Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé et plusieurs de nos compatriotes, si ce n’est leur écrasante majorité, ont oublié ou n’on pas une bonne connaissance des symboles de l’État et de leur signification profonde.

La politique française n’en finit pas avec ses feuilletons politiques aussi fracassants les uns que les autres. Après l’affaire sidérante de l’ex-patron du FMI, un autre feuilleton s’ouvre, cette fois sur la face cachée de la politique africaine de la France.

Robert Bourgi, avocat français qui semblait jouer les bons offices de ce réseau occulte et mafieux, la françafrique, fait des révélations sulfureuses qui sans nul doute ont dû faire trembler un certain Francois Xavier Vershave dans sa tombe. Un intellectuel dont le combat, toute sa vie durant a été de porter au grand public ces relations occultes qui ont longtemps été renvoyées du discours politique officiel.

... qu’est-ce qui distingue la France des autres ex puissances coloniales pour qu’elle soit la seule à entretenir ce type de relations avec ses anciennes colonies?

Le livre sur lequel porte cette critique est intitulé « L’Afrocentricité ». Il a été écrit par l’un des plus brillants intellectuels Africiains-américains de notre époque, Molefi Kete Asante. L’auteur est actuellement Professeur au  « Department of African American Studies »  à Temple University, Philadelphia, Pennsylvania, USA. Publié en Anglais sous le titre original de « Afrocentricity  : The Theory of Social Change », il a été traduit en Français par la guadéloupéenne Ama Mazama, une de ses « disciples » qui enseigne également dans le même département à Temple University.

Ce livre porte essentiellement sur l’exposé d’une philosophie d’action pour les Africains et leurs descendants, appelée Afrocentricité. L’auteur définit l’Afrocentricité comme  « la croyance en la position centrale des Africains dans l’histoire post-moderne » (p18). S’adressant aux Africains, il affirme que l’Afrocentricité «c’est notre histoire, notre mythologie, notre motif créatif, et notre ethos, le reflet de notre volonté collective » (p18).

Rien qu’à travers son prénom typiquement africain, on sent l’attachement des parents de l’auteure Dambisa Moyo à leur continent, l’Afrique et à leur patrie, la Zambie. C’est donc sans surprise qu’ils ont fait le choix de retourner dans leur pays natal à la fin de leurs études aux USA. En Zambie, ils ont œuvré chacun à sa manière pour la construction de la Nation Zambienne. Sa mère est une banquière et son père, un universitaire qui lutte contre la corruption notamment à travers des émissions radiophoniques.

En parcourant le livre de Dambisa Moyo,  on a cependant l’impression que le fruit est tombé loin de l’arbre. Dans la préface, elle décrit elle-même le peu d’envie qu’elle a de retourner au pays  car dit-elle malgré la présence de «fonctions forts rémunérées, c’était dans le cadre d’une bureaucratie lourde et grinçante».

Le Burkina Faso est plongé depuis le mois de Février dernier dans une crise socio-politique dont le dénouement se fait attendre. Deux événements atypiques ont été les catalyseurs de cette crise. Le premier est le décès de Justin Zongo, un élève du collège Guesta-Kaboré de Koudougou. La controverse sur les causes du décès est à l’origine de la protestation des élèves et étudiants.

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