Jeudi 23 Novembre 2017

L'Afrique face à ses langues (suite et fin)

 Un autre aspect non moins important sur la problématique des langues est le contrôle de la pensée. La langue en est un élément clé. Tout analyste averti sait que l'Afrique Noire est probablement la seule partie du monde qui ne contrôle pas les idées qui circulent sur son territoire. Par contrôle, il ne faut pas comprendre la main mise d'un régime politique sur les mécanismes de production et de circulation des idées. Il s'agit plutôt d'une certaine autonomie dans la production des idées et du fait que les acteurs de cette production doivent être internes à la société en question. La langue est un élément clé du contrôle de la pensée. Un peuple dont on contrôle les idées est un peuple sans avenir. Il n'est plus nécessaire d'envoyer des armées sur place pour l'exploiter. On peut le convaincre à s'auto-détruire. Il est incapable de prendre la moindre initiative car les problématiques sont élaborées par d'autres à sa place. C'est probablement la raison pour laquelle, malgré les professions de foi, la question de la langue n'est toujours pas tranchée en Afrique.

La célébration des cinquante ans d’indépendance des pays d’Afrique Noire anciennement colonisés par la France, à Paris le 14 juillet à l’occasion de la fête nationale française est une véritable humiliation pour les Africains. Annoncée comme une blague, la cérémonie aura finalement lieu. Les dirigeants de quatorze pays africains se réuniront à Paris le 13 juillet autour du président français Nicolas Sarkozy pour un diner « familial » suivi d’un défilé de leurs armées respectives le 14 juillet sur les Champs Élysées à côté de l’armée française.

L'enjeu des langues africaines

Écrit par Lundi, 10 Mai 2010 00:00

Qu'appelle-t-on analphabète ? L'Encyclopédie Encarta le définit ainsi qu'il suit : "Personne qui n'a appris ni à lire ni à écrire". Il convient d'y ajouter une précision cependant : une personne peut être alphabétisée dans une langue, mais être analphabète dans une autre. Ainsi, une personne peut parfaitement maîtriser le grec alors qu'elle est entièrement analphabète en arabe ou en mooré.

Toucher à l’article 37 de la constitution, c’est plonger le pays dans une spirale sans nœud. Ces propos du président du PAREN répond à une question politique, encore insoluble en Afrique et au Burkina en particulier. Ils font le constat du non avènement d’Etats solidement ancrés dans des pratiques démocratiques après 50 ans d’indépendance. L’objet de ces lignes n’est pas de raviver les songes qui ont accompagné et guidé les pères des indépendances africaines. Notre intention est double. Il s’agit de faire ressortir les intentions proprement politiques de nos constitutions en particulier celle du Burkina Faso sans tenir en suspens les principes qui guident leur interprétation.

La langue est pour un peuple, ce que l’ADN représente pour un être humain. Elle est le principal moyen de communication; elle permet de mieux signifier ce que l'on veut faire savoir, et de mieux comprendre ce que l'on désire connaître. Elle est, pour un peuple, l'outil nécessaire à l'expression de ses sentiments, de sa vision du monde, de ses croyances et de sa culture. Orale, gestuelle ou écrite, elle donne ainsi à un peuple le meilleur moyen de s’identifier et de marquer sa différence avec les autres. Au bout d’un demi-siècle de fonctionnement avec les langues européennes, il est plus qu’impératif pour l'Afrique de faire un bilan. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’actuellement, les langues africaines semblent être dans une situation de déclin.

Un mois après le séisme, Haïti se remet peu à peu de la catastrophe qui s'est abattue sur lui. Aidé en cela par tout le gotha humanitaire de la planète. Il faut dire qu'une telle mobilisation est sans précédent pour une catastrophe naturelle ... La situation Haïtienne ressemble beaucoup à celle de l'Afrique : une indépendance combattue, un ostracisme commercial et technologique qui rend extrêmement difficile tout progrès économique. Le lien entre l'Afrique et Haïti ne s'arrête pas là. Bien avant la colonisation de l'Afrique, la naissance de la république d'Haïti consacre le surgissement du peuple Noir dans la série des grands bouleversements de cette époque que constituent les révolutions américaine et française. Aimé Césaire a dit à ce propos : « Haïti où la négritude se mit debout pour la première fois… Ce fut leur conquête. Leur conquête était aussi pour nous tous. Si nous en étions dignes ! ».

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