Vendredi 26 Mai 2017

Cinquantenaire des indépendances africaines à Paris le 14 juillet : l'humiliation des Africains.

La célébration des cinquante ans d’indépendance des pays d’Afrique Noire anciennement colonisés par la France, à Paris le 14 juillet à l’occasion de la fête nationale française est une véritable humiliation pour les Africains. Annoncée comme une blague, la cérémonie aura finalement lieu. Les dirigeants de quatorze pays africains se réuniront à Paris le 13 juillet autour du président français Nicolas Sarkozy pour un diner « familial » suivi d’un défilé de leurs armées respectives le 14 juillet sur les Champs Élysées à côté de l’armée française.

La célébration des cinquante ans d’indépendance des pays d’Afrique Noire anciennement colonisés par la France, à Paris le 14 juillet à l’occasion de la fête nationale française est une véritable humiliation pour les Africains. Annoncée comme une blague, la cérémonie aura finalement lieu. Les dirigeants de quatorze pays africains (à l'exception notable du président ivoirien Laurent Koudou Gbagbo) se réuniront à Paris le 13 juillet autour du président français Nicolas Sarkozy pour un diner « familial » suivi d’un défilé de leurs armées respectives le 14 juillet sur les Champs Élysées à côté de l’armée française.

Au-delà de son caractère totalement incongru (des États supposés indépendants qui commémorent leurs indépendances chez leur ancien maître), cette cérémonie confirme si besoin en est la collaboration des dirigeants africains à l’humiliation et au mépris de leurs peuples par la France et son président Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait du reste affirmé devant le président sénégalais Abdoulaye Wade et un parterre d’universitaires sénégalais, sans essuyer d’aucune protestation officielle, que l’ « Afrique n’était pas entrée dans l’Histoire.»

Cette cérémonie est un véritable viol de la mémoire collective des Africains. Elle fait passer la colonisation pour une occupation amicale d’un peuple par un autre alors qu’elle fut d’une brutalité rarement égalée (fusillades, massacres, travaux forcées, etc.) Elle fut l’expression du déni d’humanité aux Africains, et pour paraphraser Aimé Césaire, « colonisation égale chosification ».

Cette cérémonie révèle une lecture erronée de l’Histoire par une certaine classe de dirigeants africains depuis ce qui devrait être les indépendances. Tous les autres peuples, du Vietnam à l’Inde et de l’Algérie au Pakistan, ont considéré les indépendances comme une libération, comme la restauration de leur humanité contestée, de leurs souverainetés et enfin de leurs droits à disposer d’eux-mêmes et à être maîtres de leurs destins.

Il s’en est suivi une rivalité naturelle entre eux et leurs anciens maîtres. La moindre des réactions qu’on puisse avoir à l’égard de celui qui vous considère comme moins que rien, c’est de lui contester ses prétentions. Cette rivalité peut être relativisée par moments mais, elle demeure comme un sceau sur l’identité des Nations indépendantes. Autant un homme ne peut avoir une identité sans mémoire, autant une Nation ne saurait en avoir une si elle cultive la schizophrénie.

Quoique puissent dire les défenseurs de cette cérémonie, pourront-ils répondre à la question suivante: pourquoi la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, le Vietnam, le Cambodge qui ont aussi été des colonies françaises n’ont jamais été conviés à célébrer les cinquante ans de leurs indépendances en France? La réponse est bien simple : eux, ils sont indépendants.

Il ne faut guère se tromper. Ce copinage entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique Noire est une véritable anomalie qui révèle le faible degré de conscience de soi en tant que peuple chez les dirigeants africains. Il révèle aussi la véritable nature des indépendances africaines. D’indépendance, il n’y en a point eu! La France a réussi à éliminer ou à écarter ceux qui étaient pour une véritable indépendance de l’Afrique (Moumié, Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop, Thomas Sankara, etc.) puis à ériger des marionnettes à la tête des États africains afin de continuer son exploitation.

Cinquante ans après les indépendances, aucun État n’a véritablement remis en cause le contenu des manuels d’éducation malgré leur caractère aliénant, encore moins la langue d’usage qui demeure le Français. L’Afrique Noire dite francophone demeure la seule région du monde à utiliser une monnaie émise et contrôlée par un autre pays (le FCFA). Les richesses de l’Afrique ne servent pas l’Afrique et les décisions prises par ses dirigeants ne reflètent guère l’intérêt de leurs peuples.

A tous ceux qui affirment l’Afrique n’a pas su exploiter la richesse de ses matières premières ou qui s’appuient sur la situation actuelle de l’Afrique pour dénigrer toute idée d’indépendance, nous leur disons simplement que pour le moment l’Afrique n’est pas indépendante. La véritable indépendance reste à venir…

Dernière modification le Dimanche, 26 Avril 2015 12:01

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