Dimanche 17 Décembre 2017

Discours d'Emmanuel Macron à Ouagadougou: Changement de ton, Persistance des mêmes Paradigmes

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  • 02 Décembre, 2017
  • Écrit par  Namalgbzanga & Sebgo S. Boyena
  • Publié dans Opinions

Attendu pour une visite officielle de 72h, le président Emmanuel Macron aura effectué un séjour d’environ 35h... au Burkina Faso entre le 27 et le 29 novembre 2017. Durant ce séjour, le président Macron a prononcé un discours à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. L’intérêt porté par cet écrit sur ce discours se résume aux non-dits, aux sous-entendus, qu’il convient de mettre en lumière.

L’intention du discours était de s'adresser à la jeunesse africaine… Depuis plus de deux décennies, cet exercice est devenu comme un rituel pour tout président français en début de mandat. C’est l'occasion pour ces présidents, de parler de l’Afrique aux Africains, et surtout d’étaler la vision nouvelle qu’ils comptent imprimer dans la coopération avec le continent.

Macron s’est soumis à cet exercice et il convient d’emblée de souligner que cette prétention de s’adresser à la jeunesse africaine ne fait que montrer la persistance des mêmes paradigmes qui ont toujours existé dans les rapports entre l’Occident et le reste du monde, entre l’Europe et l’Afrique, entre la France et son prétendu pré-carré. Ces paradigmes s'appuient sur un arrière-fond de condescendance, de paternalisme, de mépris, et surtout une posture de donneur de leçons.

Si ce n’est de l’arrogance, comment le président d’une puissance déclinante comme la France peut-il en 2017, avoir la prétention hors norme de vouloir s’adresser à la jeunesse africaine? La jeune fille de Kinshasa, le jeune homme de Harare, de Gaborone ou de Lagos n’ont-ils pas de leaders par eux élus pour s’occuper de leur avenir? Si le président de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, ou du Nigéria décidait de s’adresser à la jeunesse européenne à partir d’une université parisienne, sortirait-il du territoire français sans avoir subi un lynchage médiatique? Pourquoi ce qui ne serait pas accepté en France ou en Europe devrait l’être au Burkina Faso ou en Afrique?

Macron, conscient des ratés du Discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, a voulu s’en démarquer, par ailleurs plus dans la forme que dans le fond. Sur la forme, son discours tranche d’avec celui de Sarkozy. Il est plus subtile donc moins violent à priori. Cependant, on y retrouve ce même fond colonialiste et eurocentrique qui a toujours servi de boussole dans la manière des dirigeants français de percevoir le monde en général et l’Afrique en particulier.

Comme pour désarmer son auditoire, le président français a débuté son discours en rendant hommage au Président révolutionnaire burkinabè Thomas Sankara, assassiné il y a trente ans dans un complot dans lequel la France est soupçonnée d’être impliquée. Un hommage assez curieux d’autant plus que Macron ne dit pas en quoi il lui rend hommage. Pour ses idées? Dont il est justement venu prêcher l'opposé? Tout au long du discours, il n’hésita pas comme pour s’attirer la sympathie de son auditoire, à citer des intellectuels africains comme Ahmadou Kourouma, Joseph Ki-Zerbo, ou Felwine Sarr. Pourtant le fond de son discours est aux antipodes des idées défendues par ces derniers.

Considérons par exemple le cas de l’histoire, de l’histoire africaine que Joseph Ki-Zerbo invitait les Africains à interroger et à s’approprier afin d’y trouver les déterminants nécessaires pour se projeter dans l’avenir. Alors que l’Occident en général et l’Europe en particulier est le peuple qui investit le plus sur la connaissance de son passé, Macron invite l’Afrique à ne pas s’accrocher à son passé, un passé qui dit-il, “doit passer’’. Il va plus loin en cherchant à forger la notion d’histoire commune, d’histoire partagée (entre l’Europe et l’Afrique).

Cela s’apparente tout simplement à une escroquerie intellectuelle car entre l’Europe et l’Afrique, il n’y a pas d’histoire partagée. Il y avait des esclavagistes et des esclaves; des négriers et des nègres; des colons et des peuples à coloniser. Depuis les sept derniers siècles, le couple Europe-Afrique n’a produit que misère et déshumanisation pour l’Afrique et richesse et prestige pour l’Europe. L’un a décidé et l’autre a subi et c’est cette dynamique que Macron voudrait voir continuer, mais en changeant les manières d'opérer.

Si l’Europe savait ‘’construire avec les autres’’ pour le bonheur de l’humanité, il n’y a pas de raison que l’Afrique, continent qui a le plus été au contact de l’Europe, soit toujours à la traîne de l’humanité. Le projet de ‘’dialogue franco-africain’’, ou ‘’le projet entre l’Europe et l’Afrique’’ à ‘’repenser à la bonne échelle’’, est au mieux une farce, et au pire une condescendance doublée d’un paternalisme qui ne dit pas son nom.

Du reste, le président Macron a bien raison sur un point : pour le salut de l’Afrique, ‘’la solution ne viendra pas de l’extérieur’’. Il est donc temps pour la jeunesse africaine de tourner le dos à tous ces politiciens européens, qui à un moment donné de leur carrière, prétendent aimer l’Afrique plus que les Africains… au point de vouloir la sauver! 

Ce discours d’Emmanuel Macron, est aussi parsemé de contradictions. Pour un président pour qui la solution aux problèmes de l’Afrique «ne viendra pas non plus du statu quo et des vieilles habitudes», Macron n’a pas su résisté à l’idée de sortir du tiroir les vieilles habitudes comme faire miroiter l’augmentation de l’aide publique au développement, quand on sait que la France connaît une crise financière qui l’étrangle depuis au moins une décennie.

Macron est donc pour le maintien de statu quo: promouvoir la politique de la mendicité chez les dirigeants africains pour un continent qui renferme toutes les ressources naturelles du monde. Si l’hommage rendu à Thomas Sankara en début de discours était sincère, Macron aurait dû comprendre que l’Afrique du 21ième siècle ne placera pas sa foi en l’Aide publique au développement d’où qu’elle vienne. Sankara ne disait-il pas que nous ne voulons que «l’aide qui nous aide à nous passer de l’aide»?

En plus, en début de discours, Macron invite à dépasser les barrières, en particulier la barrière linguistique (francophone, lusophone, anglophone, etc.) longtemps utilisées par l’Europe dans ses lectures et analyses politiques de l’Afrique. Mais en fin de discours, comme ses prédécesseurs, il se lance dans la promotion exclusive de l’usage de la langue française en Afrique qu’il qualifie de langue d’avenir. Comment peut-on tant mépriser un peuple au point de l’exhorter à ignorer ses propres langues (plus de 2 000), pour s’approprier et défendre par tous les moyens la langue d’un ancien colonisateur?

Une autre contradiction: le président français, en fin de discours, cite Felwine Sarr en disant : « l’Afrique n’a personne à rattraper, elle ne doit plus courir sur les sentiers qu’on lui indique, mais marcher prestement sur le chemin qu’elle se sera choisie». Cependant, cette citation arrive après qu’il ait passé la seconde moitié de son discours à énumérer de manière paternaliste à son auditoire toutes les menaces qu’il faudra affronter pour sauver l’Afrique. A savoir : la lutte contre l’immigration, l’impératif de la lutte contre le terrorisme, l’urbanisation galopante, les conflits politiques, le péril de l’obscurantisme, les 450 millions de jeunes qui seront sur le marché de l’emploi d’ici 2050, sans oublier son sujet de prédilection, la démographie galopante de l’Afrique.

Pour ce dernier point, le président français, même s’il a fait l’effort d’éviter de répéter l’idée du ‘’défi civilisationnel’’, s’est encore une fois de plus enfermé dans la condescendance et le paternalisme en suggérant que les femmes africaines n’étaient pas libres de leur choix. Et le président Macron de s’interroger: ‘’partout, vous avez fait 7,8, 9 enfants par femme, est-ce qu’à chaque fois, dans chaque famille, vous êtes bien sûr que c’est le choix de cette jeune femme?’’  Avant d’ajouter, comble de l’injure,  «Il y a dans mon pays des familles qui ont fait ce choix, il y a en France des familles où il y a 7, 8, 9 enfants par femme, c’est leur choix, c’est très bien, je n’ai pas à en juger, je n’en parle d’ailleurs jamais.» Pourtant, des femmes africaines, il en parle! Et pense qu’elles ne sont pas capables de faire un choix! De l’éducation de la jeune fille, il en fait une priorité non pas pour le bonheur des Africaines mais avec l’objectif nullement caché de les amener à faire moins d’enfants!

Pour mémoire, rappelons que le taux de fécondité en Afrique se situe à 4,7 enfants par femme… Derrière toutes ces approximations, se cache en réalité la peur et l'angoisse d’un président européen devant la menace de voir l’Afrique déverser sa démographie en Europe, ce que cette dernière a précisément fait dans les siècles derniers au point de coloniser humainement l’Amérique, l’Océanie et une partie de l’Afrique. Comme le bourreau a peur du gourdin! Ainsi voit-on Macron à l’image de ses prédécesseurs, proposer des initiatives pour réduire la mobilité des étudiants, des réfugiés et des migrants africains.

Par ailleurs, la condescendance et la suffisance propres aux dirigeants français lorsqu’ils s’adressent à leur prétendu pré-carré, a connu de manière subtile un nouveau sommet avec Emmanuel Macron. Dans un style moins brutal que celui de Sarkozy, il n’hésita pas à blâmer la victime concernant l’esclavage et la situation de la Libye.

Concernant l'esclavage, Macron dit ceci : «Ces routes du Sahel, de la Libye, de la Méditerranée, ultimes car elles nous ramènent au pire désastre de notre histoire partagée : celui de l’esclavagisme, celui de la traite des êtres humains. C’est une histoire complexe, millénaire. Une histoire de l’Afrique avec elle-même et de l’Afrique avec l’Europe.»

En parlant d’une histoire de l’Afrique avec elle-même, Macron ressasse cette vieille théorie de la responsabilité des Africains dans la traite négrière européenne… Cette vieille stratégie qui consiste pour l’Europe à se dédouaner totalement ou en partie de sa responsabilité en blâmant les victimes, ne mérite point que l’on s’y attarde.

Pour ce qui est de la Libye, le président français se propose de mettre en place une initiative euro-africaine qui visera à «frapper les organisations criminelles, les réseaux de passeurs qui agissent impunément depuis les centres urbains de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique de l’Ouest jusqu’aux côtes européennes».  Là encore, Emmanuel Macron a pris le soin de passer par pertes et profits la responsabilité première de son pays qui, a mobilisé l’OTAN en 2011 pour agresser la Libye en interprétant à sa manière la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Cette agression militaire qui a conduit à l’assassinat du Colonel Kadhafi, a aussi engendré une grande circulation d’armes aux mains de terroristes dans la zone sahélo-sahélienne; toute chose qui a fini par déstabiliser la région et jeter encore plus de jeunes Africains sur le chemin de l’émigration.

Sur la même lancée, le président français a aussi passé sous silence la responsabilité de l’Union Européenne qui à coût de millions de dollars et de pressions diplomatiques, a forcé la Libye à rejoindre Frontex, pour stopper la progression des migrants africains vers la frontière sud de l’Europe. Le financement de la construction de camps de regroupement des migrants en territoire libyen a fini par alimenter l’horrible trafic d’êtres humains qui se déroule dans ce pays.

Le président Emmanuel Macron reçu au palais de Kosyam par son homologue Roch Marc Chirstian KaboréQue dire de la lutte contre le terrorisme? Macron propose simplement d’intensifier la militarisation de cette lutte en s’appuyant sur la présence militaire française sur le continent. Sur ce plan, il faut se demander pourquoi au lieu d’armer les armées africaines pour qu’elles combattent le terrorisme, la France préfère déployer ses propres troupes. N’est-il pas mieux d’enseigner à pêcher que de donner du poisson, tel que le dit ce proverbe chinois? Du reste, l’initiative du G5 Sahel, si chère à Macron, doit être perçue comme le nouveau Conseil de l’Entente c’est-à-dire un regroupement dont le but ultime et inavoué sera de retarder ou de fragiliser l’organisation régionale qu’est la CEDEAO.

C’est dans les réponses aux questions des étudiants que Macron est sorti du discours préparé pour étaler sa pensée sans filtre. A propos du FCFA, il déclare que c’est un «non-sujet» pour la France et que la décision de supprimer ou maintenir cet outil de «stabilité» appartient aux dirigeants africains. Sur la question du trafic d’êtres humains en Libye, il déclare avec irritation à l’étudiant qui l’a interpellé que : «les trafiquants sont des Africains et non des Belges ou des Français». Aux soldats français déployés sur le sol africain, il affirme que les Africains «ne doivent que les applaudir».

Macron dévoile là une rhétorique partagée par la quasi-totalité des Français qui  reprochent aux Africains de réclamer à la fois leur indépendance et l’aide française, de vouloir se séparer de la France tout en voulant bénéficier de visas pour y aller. Il affirme que c’est au président Kaboré de résoudre les problèmes d’électricité à Ouaga.  Ce raisonnement d’apparence logique révèle en réalité la taille de la bulle dans laquelle les Français se sont enfermés en ce qui concerne l’Afrique.

Tout comme à l’époque de l’esclavage et de la colonisation, l’Occident (la France dans ce cas-ci) cultive une industrie de l’information mensongère qui dénature la réalité sur le terrain pour donner bonne conscience à ses citoyens. Selon leur version des faits, les Français font du bénévolat en Afrique et aident les Africains qui en retour sont ingrats. À la vieille époque, on civilisait les sauvages, maintenant on aide les pauvres.

Il semble ne pas comprendre qu’il y a deux Afriques: celle des dirigeants corrompus (par ailleurs installés avec l’aide de la France) qui mendient l’aide au développement pour masquer leur manque total de vision et d’initiatives pour résoudre les problèmes des Africains; et celle des insurgés, de la jeunesse consciente, qui n’a que faire de cette aide et qui veut se débarrasser de la France et ses valets locaux pour mieux prendre son destin en main. Cette Afrique là n’a que cure des visas, de la langue française, de l’aide au développement, de la soi-disant coopération technique française. Cette Afrique là, ne lui demandera pas de résoudre ses problèmes d’électricité. C’est cette Afrique-là qui était dans les rues de Ouaga.

Que la France ne se trompe guère, le combat mené par cette Afrique-là ne s’adresse pas qu’à la France. Cette Afrique consciente, qui monte, veut aussi bien s’occuper des dirigeants qui se complaisent dans le statu quo de la domination coloniale. Il n’y a donc pas de contradiction chez cette Afrique-là. Au lieu de regarder là où ils sont tombés, ils regardent là où ils ont trébuché. Au lieu de tirer sur les marionnettes, ils préfèrent s’attaquer à ceux qui tirent les ficelles. Critiquer l’impérialisme (Macron prétend qu’il n’existe pas comme si l’impérialisme pouvait avouer son existence) c’est s’attaquer à la source de leur problème.

Dans le fond, les demi-arguments ne tiennent pas la route d’une analyse approfondie. Il prétend être impassible devant la suppression du CFA tout en le présentant comme un outil de «stabilité». Traduction: «les Africains de la zone franc seraient les seuls au monde incapables d’avoir une monnaie stable». Condescendance, paternalisme et mépris! Le Ghana, le Maroc, l’Algérie et le Nigéria sont-ils économiquement instables à cause de leurs monnaies? Se cache derrière cette formulation biaisée de la problématique du FCFA un désir de le maintenir. Quant à la prétendue liberté des présidents africains sur la question du FCFA, nul n’est dupe. Ce qui se dit publiquement et ce qui se fait en coulisse ne sont pas pareils. Les menaces de déstabilisations ne se disent pas publiquement.

Concernant la présence de l’armée française qui se justifie par la lutte contre le terrorisme, il faut signaler que les terroristes n’ont aucune usine de fabrication d’arme dans le sahel. Leur stock d’armes provient  de celles déversées par les pays occidentaux par-dessus la Libye, leur moyens financiers des rançons versées pour libérer les otages occidentaux. Le terrorisme fleurit parce qu’il a été utilisé comme un outil de politique étrangère par certains pays de l’Europe, de l’Amérique et du Moyen-Orient. Le terrorisme offre aussi un prétexte pour un redéploiement des armées étrangères en Afrique. C’est pour toutes ces raisons que les Africains sont suspicieux vis à vis des bonnes intentions affichées. Par ailleurs, les bases militaires françaises en Afrique existaient avant le phénomène du terrorisme et ont servi à installer, maintenir ou renverser des dirigeants africains. Leur simple présence, de par le potentiel de puissance qu’elles représentent, est suffisante pour influencer le cour de l’histoire africaine.

Si après tout ce qui précède le président Macron ose déclarer ‘’qu’il n’y a plus de politique africaine de la France!!’’, on ne peut que sourire… L’histoire est rarement témoin de situations où l'oppresseur décide unilatéralement de mettre un terme à son oppression sans une lutte des opprimés. Mais l’histoire est toujours témoin de cas où c’est la forme de l’oppression qui change. Si ces prédécesseurs ont eu leur fameuse cellule africaine de l’Elysée, Macron lui, aura son ‘’Conseil présidentiel pour l’Afrique’’.

Macron a donc simplement annoncé un changement de forme mais les fondamentaux des accords de coopérations signés dans les années 1960 demeureront certainement intacts surtout qu’il y a un regain d’intérêt dans la convoitise de l’Afrique par d’autres puissances émergentes. Ce discours de Macron voulu comme une rupture, est en fin de compte une rupture dans la continuité.

Comme ses prédécesseurs, Macron veut s’assurer que l’Afrique demeurera une zone exclusive où les entreprises françaises se tailleront des part de marchés importantes. À l’image de ses prédécesseurs, Macron veut mettre en place une coopération qui permettra à la France de siphonner ‘’les nouveaux talents africains’’ (1 000 par année dit-il).

Au final, Macron qui affirmait n’être pas venu en donneur de leçons, en a donné. En réalité, tout au long du discours, on sait qu’il s’apprête à donner une leçon quand précisément il réaffirme qu’il n’est pas là pour en donner. Il voulait marquer sa différence avec le discours de Dakar mais dans le fond, il a repris les mêmes paradigmes sous un autre ton et sous un autre style. Par exemple, à propos de l’histoire, il affirme: «Il y a eu des combats, il y a eu des fautes et des crimes, il y a eu des grandes choses et des histoires heureuses.» Interprétation:  il y a aussi eu des aspects positifs (grandes choses, heureux) à la colonisation. C’est du déjà vu!

En réalité, depuis le discours du Général De Gaulle à Brazzaville de janvier 1944, le même relent de condescendance, de mépris et de paternalisme a toujours été constaté à des degrés divers, chez les dirigeants français quand il s’agit de traiter avec l’Afrique. Emmanuel Macron, ne semble pas avoir réussi à échapper à cette ‘’tradition bien française’’. Rien de nouveau donc sous le soleil de l’Afrique. Macron a cru qu’il suffisait simplement d’enrober la pilule amère d’une couche chocolatée pour que les «stupides» Africains s’empressent de l’avaler. Il y en aura certainement, des Africains pour l’avaler, sans effort d’ailleurs. Mais il aura échoué à convaincre l’Afrique consciente, celle-là même qui lui a imposé ce changement de ton.

En attendant la prochaine intervention du prochain président français en terre africaine, l’élite africaine ne devrait pas perdre son temps à débattre ou à écrire des livres sur l’intervention de Macron à Ouagadougou. Il est grand temps d’ignorer ces discours de plus en plus ennuyeux! Il est grand temps pour l’Afrique et les Africains d’arrêter de prêter le flanc, et d’être aux commandes dans la conception d’un agenda africain en matière de coopération avec le reste du monde.

Il faut saluer peut-être la démarche de Macron qui a consisté à affronter les étudiants même si ces derniers furent mal préparés. C’est déjà reconnaître son interlocuteur comme un acteur que d'accepter de le contredire. Ses prédécesseurs avaient un degré de mépris plus élevé. Toutefois, à cela il fut contraint par l’agitation de la jeunesse africaine.  C’est une raison de plus pour que cette jeunesse continue la lutte car la liberté ne se donne pas, elle s’arrache!

Dernière modification le Dimanche, 03 Décembre 2017 18:21

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